Dr. Sami Kleib / مؤسس ورئيس تحرير: د.سامي كليب

Une approche, retrouvée, de la beauté masculine !

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news room February 24,2021

 

Nadine Sayegh-Paris

Dans une société en mutation constante, où les diktats changent et une avalanche de publicités vante les produits de soins et de maquillage masculins, une nouvelle masculinité s’affiche, loin des codes établis et des idées archaïques sur la virilité.

Et pourtant, le maquillage des hommes n’est pas d’usage récent !

Une pratique ancienne

Déjà l’Egypte des Pharaons appliquait du fard vert sous les yeux et du khôl noir, sans distinction de sexe ou de classes sociales. Dans la Grèce Antique, le maquillage est mal perçu voire interdit. Plus tard, en France, il est proscrit par l’Eglise. Comme le relève Anne-Marie Granet-Abisset, professeure d'histoire contemporaine :

"On est face à des pratiques anciennes qui ressurgissent sous de nouvelles formes. Par maquillage, on entend ce qui modifie l'apparence et l'esthétique. Le maquillage masculin est, contrairement à ce que l'on croit, aussi ancien que celui des femmes. Dès le XVIe siècle et même avant, l'élite aristocratique avait recours à des fards qui permettaient de créer un masque, c'est-à-dire un nouveau visage et surtout de se donner une apparence noble par le blanc de céruse appliqué sur la peau. Avant la Révolution française, hommes et femmes se maquillent pour représenter leur statut social. Puis la bourgeoisie prend le relais et rejette certains artifices qui ont trait à l'aristocratie, comme le maquillage masculin. Dès le milieu du XIXe siècle, quand le terme 'maquillage' est créé, cela renvoie au fait de prendre soin de soi pour exister socialement.

L’expression de la singularité

Pourtant, n’est-il pas commun de voir en Afrique de nombreuses ethnies et peuples se parent de maquillage tribal, de cet art traditionnel qui les embellit. Ou bien en Corée du Sud où 30% des hommes se maquillent au quotidien et environ 70% pour sortir en soirée. Ici, en Occident, cette thématique balaye d’un revers de main de nombreuses idées préconçues.

Toutefois, une autre notion se développe celle de la singularité, analyse Christine Catselain-Meunier, sociologue au CNRS et à l'EHESS : "La question du genre s'estompe peu à peu. On s'éloigne du masculin défini en opposition au féminin, cela permet d'être plus créatif".

A quoi sert le maquillage ? A corriger une imperfection ou à s'exprimer artistiquement ?

C’est le cas d’Alexis, un jeune adolescent que le proviseur lui interdit désormais de se maquiller à l’école sous peine de renvoi. Tous ses camarades ont pris sa défense, et en se distinguant il a relancé le débat sur la beauté masculine.

Le maquillage reste un art qui permet de se construire, d’influencer et de marquer les esprits à tout jamais, comme le leader de Queen, ou Richaard2609, l’animateur de la chaîne YouTube de Sephora ou bien Renaud, cet artiste maquillé qui fait flamber la vie nocturne bruxelloise pour devenir Mademoiselle Boop sur scène.

 

Et…. Une bonne opportunité commerciale

On évalue à plus de 40 milliards d’euros le marché mondial des produits cosmétiques pour hommes. Ainsi, dès 2003, Jean Paul Gaultier sort une ligne de cosmétiques pour homme “Tout beau, tout propre”. Bien plus tard, fin 2018, la maison Chanel lance sa ligne de maquillage pour homme, avant d’être suivie par MAC et Givenchy.

Et parmi ces fidèles consommateurs, on aperçoit le président français Emmanuel Macron qui alarme l’opinion publique en 2018, en annonçant ses 26 000 euros de dépenses pour des produits cosmétiques en l’espace de trois mois. Bel exemple d’une déconstruction totale des carcans sociaux !

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Nadine Sayegh-Paris

الكاتب:Nadine Sayegh-Paris

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