Dr. Sami Kleib / مؤسس ورئيس تحرير: د.سامي كليب

Taj Mahal, un chef d’œuvre parti d’une histoire d’amour !

1049
news room December 9,2020

Nadine Sayegh-Paris

Qui n’a pas rêvé un jour de visiter Taj Mahal, ce magnifique emblème de l’Inde, classé septième des nouvelles merveilles du monde.

A 200 km au sud de New Delhi, cette merveille de marbre blanc, née d'un chagrin d'amour, attire des touristes du monde entier pour sa beauté et son histoire.

La construction de ce "Palais de la couronne" (en persan) commence en 1631 sous le règne de l’empereur Shah Jahan en mémoire de son épouse Mumtaz Mahal dont il était passionnément amoureux : "L’affection mutuelle et l’harmonie entre les deux avaient atteint un niveau inégalé entre mari et femme parmi les sultans et les chefs d’Etat, et même parmi les gens ordinaires", comme le reporte certains historiens.

Mais sa conception par un empereur moghol musulman lui vaut aussi une grande haine de la part des nationalistes hindous. Ainsi, pour y assurer une certaine harmonie, il érige son mausolée à côté d’un temple hindou, avec à leur sommet la même pointe qui ressemble à un kalasha, symbole de bon augure dans les pratiques locales. Mais à quel prix !

Un emblème indien sans vraiment l’être 

Ce monument représente le plus grand joyau architectural de l’art indo-islamique. Des éléments concaves, convexes. Un mélange d’ombres et de lumières. D’arcs et de coupoles. Plus de 20 000 ouvriers et artisans venus de l’ensemble de l’empire, d’Asie centrale et d’Iran, aidés par plus de 1 000 éléphants. Un chantier à prix d'or, estimé à un milliard d'euros actuels, pour un édifice en grès rouge recouvert de marbre blanc et de pierres précieuses.

De la sorte, Shah Jahan, « le roi du monde », affiche pleinement sa puissance, sa richesse, son originalité mais aussi sa religion. Ce monument est imprégné d’images symbolisant l’islam.

On y découvre des minarets qui ressemblent à ceux bâtis au Moyen Orient. Des porches au sommet pointus typiques de l’art irakien. Des calligraphies représentant des versets entiers du Coran. Un sol décoré d’un motif répété à l’infini sous forme d’une étoile à 8 branches, qui rappelle la nature infinie d’Allah. Des murs recouverts de gravures florales évoquant l’abondance du paradis.

Quel avenir pour ce beau mausolée

Dans la nouvelle Inde des extrémistes hindous, les monuments construits par les musulmans ne font pas partis du patrimoine national. Ils y voient avant tout le symbole d'une domination musulmane, d'une autorité suprême et despotique.

Comme l’a déclaré le ministre de l'Uttar Pradesh, Yogi Adityanath : « le Taj Mahal ne représente pas notre culture et doit être retiré des brochures touristiques ».

En effet, toute la période de domination musulmane de l'Inde, de 1526 à 1857, est ici en question, et est assimilée à une période de servitude, surtout ce chantier qui mobilisa près de 22 000 esclaves, dont beaucoup ont payé de leur sang et de leur sueur.  

Mais, en dépit de toutes ces polémiques, ce "Palais de la couronne” reste un monument bien chéri des autorités. Une surface de 10 400 m2 a été conçue autour pour le protéger de la pollution, et des fonds du gouvernement fédéral sont débloqués régulièrement pour permettre sa conservation, préservation et entretien sous la responsabilité du service archéologique de l’Agra Circle.

الكاتب

Nadine Sayegh-Paris

الكاتب:Nadine Sayegh-Paris

  • للمشاركة