Dr. Sami Kleib / مؤسس ورئيس تحرير: د.سامي كليب

Mon Liban ! Le rêve d’enfance du ténor Gabriel Abdel Nour

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news room December 2,2020

Nadine Sayegh-Paris

Le Liban, joyau de la Méditerranée, n’a pas fini d’émouvoir le monde

Suite à la déflagration du port du pays des Cèdres au mois d’aout dernier, la France s’envole aussitôt pour lui rendre hommage et organise une grande soirée de soutien et d’amitié. Aujourd’hui, c’est le ténor et compositeur libanais Gabriel Abdel Nour qui nous revient avec une grande production musicale et la sortie de son dernier clip « Btoujaani Beirut », qui rappelle la catastrophe du port, survenue après de pénibles années ravagées de crises financière et sanitaire.

 

Cette chanson, composée et chantée par Gabriel Abdel Nour, a été écrite par la grande poétesse Basima Batouli, dont les écritures, mélange d’émotions intenses et douloureuses, ont toujours enrichi la littérature arabe.

Avec la douce voix de ce grand ténor, les paroles de cette chanson rentrent droit au cœur et incarnent chaque libanais qui porte en lui le mal-être d’un pays endeuillé de rage et chagrin. Un pays meurtri, sans logement, démuni, engorgé, saturé.  

Comme tient à le souligner Gabriel : « la musique est et restera une thérapie pout tout mal généré ; alors, je chante pour me libérer et rendre hommage à toutes ces victimes, à ma ville délabrée, à cette capitale sinistrée, à ce désordre enrageant et à ce silence blessant.  

Personnellement, je n’ai pas connu la splendeur du Liban dont on parle dans les archives. Cette petite Suisse du Moyen-Orient qui a tout pour être heureuse, mais ne l’est pas !  Depuis que je suis né, le Liban est en guerre, sous les décombres, et cette déflagration est une 2nde mort pour nous.

Avec la reconstruction, après la guerre civile, la ville a perdu une partie de son identité. De sa valeur. De sa particularité. Alors je lance un cri d’alarme, une alerte. Un cri de douleur : on a perdu notre passé, on perd notre présent, que reste-il pour notre futur ?

En fait, cette chanson représente le pays de mon imagination, le pays de mon rêve ! et je le dis haut et fort : Il faut préserver notre civilisation, notre identité, nos traditions.

Oui… ma peine est profonde. Et en tant qu’artiste je suis très touché et sensible à tout ce qui se passe.

J’aimerais tellement m’exprimer sur scène, crier mes sentiments, moi qui m’inspire de ce quotidien triste et opprimé. Combien de temps on peut encore tenir, supporter ? Aujourd’hui, chacun de nous vit un dilemme, on voudrait tellement partir loin, refaire notre vie, mais quelque chose de plus profond nous retient, notre âme est ancrée ici, en Orient.

Cet Orient qui rappelle le son des cloches de nos églises, des chants byzantins de notre enfance, emportés par l’appel de la prière de nos mosquées, tout cela est dans nos gènes, dans le tréfond de notre âme, c’est pour cela que l’on ne peut pas s’en détacher ! »

 

https://youtu.be/uQZ-xvQUJAc   بتوجعني بيروت

الكاتب

Nadine Sayegh-Paris

الكاتب:Nadine Sayegh-Paris

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