Dr. Sami Kleib / مؤسس ورئيس تحرير: د.سامي كليب

L’islam : pour un retour à l’Age d’Or !

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news room November 5,2020

 
Nadine Sayegh-Paris
  
On assiste aujourd’hui, où que l’on soit, en France et ailleurs, à une colère unanime suscitée d’une part, par les caricatures du Prophète et d’autre part par les déclarations des autorités françaises, qui ont fait ressurgir le débat sur le séparatisme.
Certes, les caricatures du Prophète sont blasphématoires, vulgaires et choquantes. Mais, en France, le blasphème n’est pas un délit. Il peut être critiqué, mais pas interdit !
« Boycotter la France et brûler les produits français, c’est ignorer la réalité de ses idéaux » crient haut et fort certains intellectuels musulmans. En effet, qui pourrait accuser la France de maltraiter ses concitoyens musulmans ? Hormis peut-être ceux qui voudraient semer des germes de discorde au sein de la communauté nationale française.
 
 
A l’encontre des lois républicaines et du message coranique
 
Depuis la Révolution de 1789, la liberté d’expression est protégée, comme le rappelle l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme : « des limites sont clairement énoncées par la loi, ne permettant ni d’injurier ni d’inciter à la haine. De fait, tout citoyen est libre de faire appel à la justice s’il estime que ces limites sont franchies et ce quelle que soit la religion concernée ». De ce fait, rien ne permet d’utiliser la violence ni dans la loi française ni dans l’islam.
 
Contrairement au monde musulman qui a abrité de tout temps des minorités chrétiennes et juives, la France jusqu’au XXe siècle ne fut pas une terre d’accueil pour les musulmans.
Pendant longtemps, parler de l’islam renvoyait directement à cette paisible image d’Al Andalus, de l’Espagne musulmane, de l’Age d’Or et de la convivencia des 3 religions monothéistes, celle qui a permis une incontestable floraison littéraire, philosophique et scientifique.
Les ingénieurs, les artistes, les philosophes, les astronautes et les commerçants musulmans ont contribué à l’enrichissement des autres civilisations, allant du bassin méditerranéen jusqu’en Inde ou en Europe, et au développement d’une culture autour d’une même langue, religion et commerce.
Comme le souligne Howard R. Turner : « Les artistes et scientifiques musulmans, les princes et les travailleurs ont fabriqué ensemble une culture unique qui a directement et indirectement influencé les sociétés sur les autres continents. »
Ou David Bensoussan dans son ouvrage « L’Espagne des trois religions, grandeur et décadence de la convivencia », on assiste « à un islam ouvert culturellement, intégrant tout un héritage philosophique et scientifique grec, comme on l’imagine à Bagdad ou en Andalousie médiévale ».
Puis vint le siècle des Lumières au cours duquel l’islam devint objet de vives polémiques jusqu’à créer des conflits idéologiques et religieux internes, entre la génération catholique dévote et les intellectuels des Lumières, tel que Voltaire, prêchant la « tolérance islamique ».
 
Si aujourd’hui, on est loin de cette cohabitation andalouse tant souhaitée, il faudrait puiser dans les lacunes des sociétés et la stigmatisation.
C’est un projet culturel, social et éducatif global qu’il faudrait élaborer pour promouvoir la compréhension mutuelle et la tolérance.

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Nadine Sayegh-Paris

الكاتب:Nadine Sayegh-Paris

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